1
février
2021
Actualité

Histoire de maman : Sandra, équilibriste à plein temps

Chaque mois, nous mettons en lumière sur ce blog l’histoire d’une maman qui nous touche et nous inspire, autant de portraits que de leçons de vie pour nos quotidiens de femmes et de mères. Sandra Fillaudeau est la créatrice du podcast les Equilibristes, un rendez-vous qui évoque les ambitions professionnelles et personnelles des parents contemporains. Maman de deux enfants, Sandra est passionnée par le sujet et en a fait son métier en accompagnant les entreprises à mieux comprendre les aspirations de leurs salariés. On lui demandé ses conseils pour vivre pleinement sa vie de maman et de professionnelle accomplie…

Peux-tu te présenter ? Et nous en dire plus sur le podcast les Equilibristes ?

Je m’appelle Sandra Fillaudeau, je suis la maman de deux jeunes enfants et créatrice du podcast Les Equilibristes. Dans Les Equilibristes, j’interviewe des femmes, des hommes, des couples, des spécialistes, pour parler avec nuance de leurs manières de conjuguer leurs ambitions professionnelles et personnelles. Mes invité(es) ont des profils très variés, et j’y tiens ! Ca permet à chacun.e de se projeter, de piocher des idées, des solutions, et de créer leur propre recette pour une meilleure intégration pro/perso. Professionnellement, après 12 ans en marketing, je viens de me lancer à 100% sur mon entreprise. Ma mission est la prolongation de ce que je fais dans Les Equilibristes : j’accompagne les entreprises à mieux comprendre et prendre en compte les aspirations de leurs salarié(es) (notamment en termes d’équilibre de vie, un des premiers critères de choix de poste aujourd’hui, devant le salaire et le titre !) pour créer les conditions qui leur permettent de bien travailler.

Comment est née l’idée de ce podcast ?

Le podcast est né d’un besoin personnel : en 2014, à mon retour de congé maternité pour la naissance de mon premier enfant, j’ai obtenu une promotion. C’était une opportunité formidable, que je souhaitais, mais le poste comportait énormément de déplacements à travers le monde, et au bout de quelques mois, j’ai ressenti un sentiment de tiraillement très difficile à vivre : comment vivre ma vie de femme, de maman, quand mon travail me prenait autant de mon énergie et de mon temps ? J’ai commencé à chercher des exemples de femmes qui avaient conservé une carrière ambitieuse en ne sacrifiant pas leur vie à côté, mais je n’en trouvais pas : soit on nous présentait des modèles de « working mom », travaillant tard le soir et ne voyant que très peu leurs enfants, soit des femmes qui, prises dans les mêmes tiraillements que moi, avaient fini par renoncer à leur carrière pour privilégier leur famille et vie à côté. Sans jugement pour ces choix, je ne me retrouvais dans aucun, et avais envie d’entendre des personnes parler de leur manière d’intégrer toutes les facettes de leur vie le plus harmonieusement possible. Ce que j’appelle « créer les conditions du & », plutôt que du « ou » : carrière & parentalité & tout le reste qui rend la vie riche ! J’écoutais beaucoup de podcasts, alors j’ai décidé de lancer le mien. L’objectif est vraiment de réfléchir, prendre confiance, et de rire, parce que ce genre de sujet, important, ne doit pas pour autant être plombant !

C’est quoi être une femme équilibriste ?

Être une équilibriste, c’est jongler avec beaucoup de responsabilités, de rôles, qui a priori peuvent nous tirer dans des sens contradictoires. J’adore ce mot, et l’idée du nom m’est venue en me rappelant un commentaire d’une prof de danse qui me disait « l’équilibre n’est pas un état, c’est une recherche ». Dans le terme équilibriste, il y a cette idée de mouvement permanent, de réajustement, à l’image des muscles du corps qui travaillent tous pour maintenir un équilibre. Et l’équilibriste ne peut tenir qu’en avançant, ce qui est aussi le propos du podcast : comment on avance en jonglant avec autant de rôles ? Enfin, il y a un côté ludique qui me plaît beaucoup.
Et j’ai volontairement choisi un nom qui ne soit ni masculin, ni féminin : si les stéréotypes qui s’imposent à chaque sexe sont différents, le sujet de l’équilibre des temps de vie se pose quand même à tous, et de plus en plus aux hommes dont les aspirations ont changé, et pour qui il n’est pas simple non plus d’affirmer leur souhait d’investir davantage leur vie de famille.

Tu n’aimes pas beaucoup l’expression « équilibre vie pro / vie perso » : pourquoi ?

En effet, je ne l’aime pas trop parce que je la trouve enfermante. D’une part, parce qu’il n’y a pas d’un côté la vie pro, et de l’autre la vie perso. Je ne connais aucun être humain qui arriverait à positionner des barrières aussi hermétiques et tranchées que ce que cette expression suggère ! Il y a la vie, avec des composantes qui sont plus personnelles, et des aspects plus professionnels. Et d’autre part, parce que je crois qu’elle évoque quelque chose de figé, de posé, à l’inverse de ce qu’est le réel équilibre, en mouvement perpétuel. Je lui préfère des termes comme « intégration pro / perso » ou « harmonie pro/perso », qui reflètent mieux cette idée d’interdépendance et de mélange, qui sont beaucoup plus proches de la réalité de ce que nous vivons (encore plus en ce moment !).

Comment ne pas culpabiliser quand on veut à la fois passer du temps en famille, et s’investir pour sa carrière : comment assumer ses choix sans culpabilité ?

C’est LA question à 1 000 000 d’euros ! La culpabilité, c’est effectivement un sujet qui revient énormément dans mes discussions, aussi bien avec mes amies qu’avec mes invitées (surtout les femmes). Il n’y a bien sûr pas de recette miracle pour répondre à cela. Mais j’ai remarqué que les quelques femmes qui m’ont confié ne pas ressentir de culpabilité avaient plusieurs choses en commun : elles avaient reçu, dans leur enfance, dans les valeurs qui leur avaient été transmises, une « autorisation » implicite avec l’idée que leur réussite professionnelle n’était pas une menace pour leur famille, au contraire. Elles ont aussi en commun d’être très à l’aise dans leurs choix, peu concernées par ce que peuvent penser les autres, avec une définition autre de ce qu’est une « bonne mère » qui passe par le fait de prendre soin d’elles. La culpabilité peut être un vrai poison, et heureusement, on peut travailler sur soi pour s’en défaire (et je sais de quoi je parle !).

3 conseils pratiques pour trouver l’équilibre dans nos vies de femmes et de mères ?

Avec les années et ce que j’ai appris avec Les Equilibristes, j’ai identifié et mis en pratique plusieurs choses pour identifier mon équilibre et le prioriser :
Apprendre à s’écouter. Ça paraît très simple dit comme ça, mais prises dans nos quotidiens, on prend peu le temps de se demander ce qui est important pour soi, ce que l’on souhaite vraiment. Or c’est la base pour avancer en se sentant à la bonne place, celle que l’on a choisie intentionnellement.
S’appuyer sur les autres. Par réflexe, par éducation, par peur de déranger, par intériorisation de l’idée qu’on doit pouvoir tout gérer, on se retrouve souvent débordée. S’appuyer sur les autres, ça veut dire plein de choses : mieux répartir les responsabilités et tâches avec son conjoint, ça paraît le plus évident, mais ça peut aussi être prendre une babysitter pour quelques heures pour aller faire du sport ou retrouver un.e ami.e, parler de ses priorités ou contraintes personnelles au travail pour trouver des solutions d’aménagement. La clé, dans tout ça, c’est de faire « ensemble »
– Remettre à l’œuvre la notion de « village » (« il faut un village pour élever des enfants ») que l’on a trop perdue de vue. On ne peut pas y arriver seule, et ce n’est pas un problème en soi !
Réajuster. C’est très lié à la notion d’écoute de soi. Il faut prendre l’habitude de réinterroger les choses : s’il y a une semaine où on doit mettre le paquet au bureau, on peut décider la semaine suivante de reprioriser une soirée en amoureux ou un déjeuner en tête-à-tête avec un de ses enfants, ou une session de sport. Bref, cultiver cette idée que rien n’est figé dans le marbre, que la sensation d’équilibre se mesure dans le temps, pas à un instant donné, et garder une agilité au quotidien pour rester au plus proche de ce qui nous fait du bien, nous nourrit, nous motive. Ce qui fait que notre vie est la nôtre et nous réjouit.

Quelle maman es-tu ?

Je crois être une maman attentive, encourageante et enthousiaste. De mon enfance aux États-Unis, j’ai gardé cet état d’esprit de féliciter et encourager les enfants, nourrir leur confiance en eux. Et le côté enthousiaste, qui agace parfois les Français, quitte à passer pour la ravie de la crèche ! Je me réjouis de peu, et quand je les entends s’extasier devant un plat de pâtes au citron, j’avoue que ça me fait très plaisir de voir qu’ils intègrent cette manière d’être, que je trouve précieuse. J’essaie aussi d’être attentive à leurs besoins, tout en les encourageant au maximum à se débrouiller par eux-mêmes.

Qu’aimerais tu transmettre à tes enfants ?

J’aimerais leur transmettre confiance en eux, et une attention saine à l’autre. Confiance en eux pour avancer dans la vie sans trop de doutes ou de peurs. Et une attention saine à l’autre, c’est à dire une forme de générosité, de curiosité et d’ouverture, qui passe avant tout par l’amour de soi.

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